Missions principales
Le quotidien et les responsabilités.
- Instruire les décisions du dirigeant : cadrer la question, réunir la donnée, formuler les options et leurs conséquences
- Préparer et animer les comités de direction, puis suivre l'exécution de ce qui y a été décidé
- Porter les chantiers transverses qu'aucune direction ne revendique : réorganisation, intégration d'une acquisition, plan stratégique
- Faire circuler l'information entre le dirigeant, le comité de direction et les équipes, dans les deux sens
- Préparer les échéances actionnariales : conseil d'administration, levée de fonds, réunions d'investisseurs
- Installer les rituels et les indicateurs qui manquent, puis les transférer à ceux dont c'est le métier
- Représenter le dirigeant sur des sujets où sa présence n'est pas nécessaire mais son avis attendu
- Régler les désaccords entre directions avant qu'ils ne remontent au dirigeant
Compétences
Ce qu'il faut maîtriser.
- Capacité d'analyse et de synthèse de niveau conseil : produire en trois jours un document qui tranche une question
- Maîtrise des chiffres de l'entreprise — modèle économique, coûts, trésorerie — sans être pour autant financier
- Gestion de projet transverse, sans autorité hiérarchique sur ceux dont dépend le résultat
- Discrétion absolue : le poste donne accès aux sujets de personnes, de rémunération et d'actionnariat
- Écriture. Une grande partie du travail est un document lu par le comité de direction ou le conseil
- Compréhension des rapports de force internes, et acceptation de ne jamais en tirer un pouvoir personnel
- Résistance à l'ambiguïté : le périmètre change tous les trimestres, et c'est la nature du poste
Formation
Le parcours type.
Il n'existe pas de formation au Chief of Staff. Le vivier vient majoritairement du conseil en stratégie et du conseil en management, après deux à six ans, et plus rarement de la banque d'affaires ou d'un premier poste opérationnel dans une entreprise en forte croissance. Le point commun n'est pas le diplôme mais la capacité à produire seul un travail structuré sous contrainte de temps. Deux à douze ans d'expérience selon le niveau du dirigeant accompagné.
Évolutions
Et après ?
- Direction d'une business unit ou d'une filiale
- Direction des opérations
- Direction de la stratégie
- Direction financière, pour les profils venus du chiffre
- Création d'entreprise, fréquente après un passage en scale-up
Conseils Entourage — Recruter
Recruter un Chief of Staff.
Écrivez le mandat avant l'intitulé. « Chief of Staff » ne dit rien : ce qui dit quelque chose, c'est la liste des trois ou quatre sujets que la personne portera les six premiers mois, et ce que le dirigeant cesse de faire le jour où elle arrive. Sans cette liste, vous recevrez des candidatures de tout le spectre, du profil d'assistanat de direction à l'ancien associé de cabinet. Dites qui la personne peut convoquer et au nom de qui elle parle. Une fonction sans autorité hiérarchique tient par le mandat explicite du dirigeant, réaffirmé devant le comité de direction. Sans cela, le Chief of Staff se heurte au premier directeur qui décide de ne pas répondre à ses courriels, et il n'a aucun recours. Préparez la sortie dès l'entrée. Le poste dure en moyenne deux ans. Un candidat de qualité demandera vers quoi il va ensuite, et la réponse « on verra » est éliminatoire pour les meilleurs. Ceux qui restent après trois ans sans perspective sont rarement ceux que vous vouliez.
Conseils Entourage — Candidater
Postuler pour un poste de Chief of Staff.
Le mandat compte plus que le titre et plus que la rémunération. Demandez quels sujets vous porterez les six premiers mois, ce que le dirigeant arrêtera de faire, et à quel comité vous siégerez. Trois réponses vagues sur trois signifient que le poste n'existe pas encore, ce qui peut être une opportunité si le dirigeant est prêt à le construire avec vous, et un piège sinon. Posez la question de la sortie au premier entretien. Ce n'est pas impoli, c'est ce que fait toute personne qui connaît le métier, et cela vous classe immédiatement parmi les candidats sérieux. En entretien, un récit vaut mieux qu'une méthode : un sujet transverse que vous avez fait aboutir sans autorité sur personne, avec ce qu'il a fallu concéder. C'est exactement le travail.

