Recruter un responsable Corporate Development et PMI
Une acquisition se décide en quelques mois et se rentabilise en quelques années. Entre les deux, il y a l'intégration : la phase où la valeur promise se gagne ou se perd, et celle que personne n'a le temps d'organiser au moment où elle commence. Le poste qui la porte est le plus mal défini de la filière financière — souvent créé dans l'urgence après une opération, avec un mandat oral, aucune autorité hiérarchique sur les directions à faire converger, et un objectif chiffré construit par des gens qui ont quitté le dossier au closing. Les recrutements qui échouent ici n'échouent presque jamais sur le niveau technique du candidat.
Aussi appelé Corporate Development Manager, Responsable Croissance Externe, PMI Manager, Directeur de l'Intégration Post-Acquisition, Head of M&A Integration, Corporate Finance Director.
Ce que nous observons
Pourquoi un recrutement de responsable Corporate Development & PMI échoue.
Personne n'a tranché entre absorber la cible et la laisser tourner
Absorber une société acquise et la laisser tourner sous sa marque avec ses propres outils sont deux projets opposés : ni le même rythme, ni les mêmes moyens, ni le même profil. Ne pas choisir ressemble à de la prudence — « on verra à l'usage » — et c'est l'option la plus coûteuse : chaque direction avance sur l'hypothèse qui l'arrange, les commerciaux préparent une offre commune pendant que la finance laisse deux référentiels vivre en parallèle, et la question finit tranchée par le premier incident. Une absorption demande quelqu'un qui sait imposer un changement à des équipes qui ne lui rapportent pas ; une intégration légère, quelqu'un qui sait tenir une gouvernance à distance et lire des comptes qu'il ne produit pas. Tranchez entité par entité avant de sourcer. À défaut, dites-le, et recrutez quelqu'un dont la première mission est de faire prendre cette décision en soixante jours.
Les mois passés sans décision créent des précédents qu'il faudra défaire
Entre la signature et l'arrivée du responsable de l'intégration, il s'écoule souvent un ou deux trimestres pendant lesquels rien n'est décidé. C'est précisément le problème : l'absence de décision en est une. Les primes sont versées selon l'ancien accord, la cible recrute avec ses propres grilles, ses abonnements sont renouvelés pour un an, son reporting arrive au format habituel, ses commerciaux gardent leurs conditions. Six mois plus tard, tout cela est devenu un acquis que personne n'assume de reprendre, et le nouvel arrivant passe son premier semestre à défaire des situations qu'il n'a pas créées, en apparaissant comme celui qui durcit les règles. Écrivez, avant d'ouvrir la recherche, la liste de ce qui a été concédé par défaut depuis le closing. C'est le vrai cahier des charges du poste, et il est plus utile en entretien qu'une fiche de fonction.
Les dirigeants de la cible sont protégés par le contrat, pas par l'organigramme
Le responsable de l'intégration doit faire changer des pratiques chez des dirigeants qui ne sont pas dans son périmètre hiérarchique et qui disposent en plus d'une protection contractuelle : complément de prix indexé sur les résultats de leur société, engagement d'accompagnement d'une durée déterminée, clauses de gouvernance négociées à la cession. Un dirigeant sous complément de prix a un intérêt financier direct à ce que rien ne bouge tant que sa période court — mutualiser ses commerciaux ou changer son système de gestion dégrade mécaniquement le chiffre sur lequel il sera payé. Ce n'est pas de la mauvaise volonté, c'est une conséquence logique du contrat. Celui qui arrive sans avoir lu le protocole d'acquisition découvre ses marges de manœuvre en s'y heurtant, une par une. Faites-le lire au candidat retenu avant sa prise de poste, et demandez en entretien comment il a déjà conduit une intégration sous complément de prix.
Les gens que vous devez garder viennent d'être payés
Dans le rachat d'une entreprise patrimoniale, ce que vous avez acheté tient souvent à quelques personnes : le fondateur, deux commerciaux qui portent les relations clients historiques, un responsable technique seul à connaître le produit. Elles viennent d'encaisser le prix de cession ou une part de l'intéressement. Les leviers de rétention habituels — augmentation, prime, perspective d'évolution — pèsent peu face à ce qu'elles viennent de recevoir, et l'acquéreur s'en aperçoit au moment du premier départ. La rétention n'est donc pas un chantier parmi d'autres : c'est elle qui commande le calendrier de toute l'intégration, parce que ce que vous ne pouvez pas faire avant d'avoir sécurisé ces personnes, vous ne le ferez pas du tout. Nommez-les avant de recruter, avec ce que vous êtes prêt à leur offrir et ce que vous refusez.
Les synergies sont datées de l'année 1, et ce qui les débloque prend deux ans
Le plan d'affaires positionne les économies d'achats, la mutualisation des fonctions support et les gains de production dès le premier exercice, parce que c'est ce qui rend l'opération défendable devant les actionnaires. Or ce qui les débloque ne se commande pas : les contrats fournisseurs ne se renégocient qu'à leur échéance, la fusion juridique suit son calendrier, la bascule des systèmes de gestion ne s'improvise pas, l'harmonisation sociale a ses propres délais. Le responsable passe alors sa première année à expliquer un retard inscrit dans le plan avant son arrivée, et son crédit se consomme sur un écart qu'aucune exécution n'aurait rattrapé. Rien à corriger côté candidat : reprenez le plan de synergies avant de recruter et redatez chaque ligne en face de l'événement qui la conditionne. Vous saurez alors sur quoi le poste doit être évalué à douze mois.
L'origination et l'intégration se disputent le même agenda, et l'origination gagne toujours
Le même intitulé recouvre deux mandats simultanés : chercher la prochaine cible et intégrer la précédente. Ils se disputent le calendrier d'une seule personne, et l'arbitrage se rend toujours dans le même sens. Une opération en cours se présente en comité de direction, avance de semaine en semaine et se termine par un événement ; une intégration au sixième mois consiste à relancer des directions occupées sur des sujets ingrats et ne produit aucune nouvelle. Le titulaire est donc aspiré par le nouveau dossier exactement quand l'intégration entre dans sa phase difficile, celle où les décisions faciles ont été prises et où restent les arbitrages qui fâchent. Quand l'entreprise enchaîne les acquisitions, le portefeuille d'intégrations inachevées grossit sans que personne ne l'ait décidé. Deux réponses tiennent : dire lequel des deux mandats prime et l'inscrire dans les objectifs, ou séparer les rôles dès que le rythme dépasse une opération par an. Promettre les deux à parts égales ne tient pas.
L'intégration ne laisse aucune trace, et l'entretien n'en cherche pas
Une acquisition a une date, un montant, un communiqué. Une intégration n'a rien de tout cela : ni date de fin, ni annonce, ni ligne qui se compte. Un candidat écrit donc « huit opérations menées » et reste vague sur les trois années passées à faire converger deux organisations ; l'entretien suit le même pli et se déroule sur la partie transaction, qui se raconte bien et se vérifie. À la sortie, on retient celui qui a le plus signé, pour un poste dont l'essentiel du temps se passe après la signature. Trois questions rétablissent l'équilibre, et toutes se vérifient en prise de références : quelle intégration s'est mal passée, et à quel moment cela s'est vu ; quelle synergie annoncée a été abandonnée, et qui a porté cette décision ; qui, dans la société acquise, est parti dans les dix-huit mois. Un candidat qui n'a jamais renoncé à une ligne du plan n'a pas mené d'intégration jusqu'au bout.
Avant de chercher
Ce que nous cadrons avec vous.
Le brief conditionne tout le reste. Un cadrage approximatif se paie en candidatures hors sujet et en semaines perdues.
Le degré d'intégration, société par société
Pour chaque entité déjà acquise et pour celles qui sont visées : absorption complète, autonomie maintenue, ou position intermédiaire assumée — et à quelle échéance. C'est cette donnée qui détermine le profil, bien avant la taille du portefeuille ou le nombre d'opérations passées.
Ce que dit déjà le protocole d'acquisition
Complément de prix, durée d'accompagnement des cédants, clauses de gouvernance, engagements pris aux équipes de la cible. Ces éléments fixent les marges de manœuvre réelles du poste. Nous les faisons remonter au cadrage, parce qu'ils changent la nature du mandat et parce que les meilleurs candidats les demandent avant de s'engager.
La part de croissance externe réellement autorisée
Combien d'opérations le conseil d'administration ou l'actionnaire a validées pour les vingt-quatre prochains mois, et avec quelle enveloppe. Selon la réponse, vous recrutez un poste de croissance externe qui intègre accessoirement, ou un poste d'intégration qui prospecte à la marge. Les deux existent ; ils ne se sourcent pas de la même façon.
Les personnes de la cible qu'il faut garder, nommées
Trois ou quatre noms, ce qu'ils détiennent que personne d'autre ne détient, et ce que vous êtes prêt à leur proposer. Beaucoup d'entreprises découvrent à cette question qu'elles ne savent pas répondre pour l'une d'entre elles : c'est déjà le premier livrable du poste.
Lecture de marché
Ce que dit le marché aujourd'hui.
Fourchettes issues de notre baromètre des salaires, en brut annuel, pour la France.
La croissance externe est redevenue un levier ordinaire pour les entreprises de taille intermédiaire, notamment sous forme de build-up, quand l'acquisition sert à atteindre une taille critique ou à récupérer une équipe qu'on ne sait plus recruter. Ces opérations se répètent, et une entreprise qui en enchaîne trois ne peut plus les traiter comme des exceptions confiées au directeur financier en plus de son poste.
Le vivier est étroit pour une raison structurelle : le poste suppose la technique d'une opération et la conduite d'un changement transversal, et les parcours qui produisent l'une produisent rarement l'autre. La banque d'affaires et le conseil en transaction forment à la première ; l'expérience opérationnelle en entreprise donne la seconde. Le croisement se construit par un aller-retour entre les deux mondes, et aucune formation ne le délivre. Ces recherches se gagnent en approche directe, pas en réception de candidatures.
Les fourchettes de notre baromètre s'échelonnent de 75 000 à 100 000 € pour un Corporate Development Manager de cinq à huit ans d'expérience, de 100 000 à 140 000 € pour un profil senior ou un PMI Manager confirmé, de 140 000 à 220 000 € et au-delà pour un Head of Corporate Development, et de 200 000 à 300 000 € et plus pour un Director ou VP, avec une part variable qui devient significative en haut de grille. Les écarts à l'intérieur d'une fourchette tiennent au périmètre — rythme d'opérations, nombre d'entités à intégrer, dimension internationale — davantage qu'à l'ancienneté.
Le management de transition occupe une place naturelle sur la partie intégration, parce que le besoin y est borné par construction : les douze à vingt-quatre mois qui suivent une acquisition. Une mission permet aussi de ne pas créer un poste permanent tant que le rythme d'acquisitions n'est pas établi. Nous présentons les premiers profils sous 48 heures sur ce format.
- Corporate Development Manager (5-8 ans)75-100 k€
- Senior Corp Dev / PMI Manager (8-12 ans)100-140 k€
- Head of Corporate Development (12-18 ans)140-220 k€+
- Director / VP Corporate Development200-300 k€+
Questions fréquentes
Ce que les dirigeants nous demandent.
- Combien de temps faut-il pour recruter un profil Corporate Development ou PMI ?
- Nous présentons les premiers profils qualifiés sous 10 jours ouvrés en CDI et sous 48 heures en management de transition. Sur cette fonction, le délai vient rarement du sourcing : tant que le degré d'intégration visé et la part réelle de croissance externe ne sont pas tranchés, chaque interlocuteur fait passer les entretiens sur un poste différent, et les débriefs ne sont pas comparables.
- Faut-il un profil de banque d'affaires ou un profil opérationnel ?
- Les deux, dans un ordre ou dans l'autre, et c'est ce qui rend le poste difficile à pourvoir. Un pur profil de transaction sait modéliser et négocier, mais découvre l'intégration au moment où il doit la conduire ; un pur opérationnel tient le terrain sans savoir contester une thèse d'acquisition ni lire une garantie de passif. Nous cherchons le parcours mixte, et à défaut nous tranchons selon la partie du mandat qui pèse le plus dans les dix-huit mois à venir.
- Faut-il un poste dédié à l'intégration, ou peut-on la confier aux directions métier ?
- Les directions métier font le travail, mais elles ne le pilotent pas : elles ont leur activité courante à tenir, et aucune n'a autorité sur les autres. Sans quelqu'un dont c'est le mandat, l'intégration avance là où elle est facile et s'arrête là où elle coûte. La réponse dépend surtout du rythme : une acquisition isolée peut se piloter avec un renfort temporaire, une stratégie de build-up ne se pilote pas en supplément d'un poste existant.
- CDI ou management de transition pour une intégration post-acquisition ?
- Cela dépend de ce qui existe après. Si l'entreprise a un programme d'acquisitions établi, le CDI se défend : le poste survit à l'intégration en cours. Si le besoin s'arrête à l'absorption d'une société, une mission de douze à vingt-quatre mois évite de créer un siège permanent qui n'aura plus d'objet. Commencer en transition puis transformer le poste une fois le rythme confirmé est une option fréquente et raisonnable.
- À qui rattacher le poste ?
- Direction générale ou direction financière, selon la nature dominante du mandat. Le rattachement à la direction financière convient quand le poste est d'abord un poste d'opérations et de suivi de synergies. Le rattachement à la direction générale devient nécessaire dès que l'intégration suppose d'arbitrer entre des directions métier qui ne rapportent pas au titulaire — c'est-à-dire dans presque toutes les absorptions. La question se tranche avant de chercher, pas pendant.
- Combien coûte le recrutement, et que se passe-t-il si le candidat ne prend pas son poste ?
- Nous facturons au succès : aucun honoraire tant que le candidat n'a pas accepté l'offre, aucune avance, aucun retainer. Si le candidat ne prend finalement pas son poste, les honoraires versés sont intégralement remboursés. Le risque de casting reste chez nous.
Aller plus loin
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Un consultant Finance vous recontacte sous 24 heures ouvrées pour qualifier le mandat et arrêter la stratégie d'approche.
