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Résumé exécutif
Le recrutement d’un DAF en France ne relève plus d’un simple besoin de supervision comptable. Dans les PME et ETI, c’est un recrutement de pilotage. Le marché l’explique. Les PME hors microentreprises représentent 174 614 entreprises marchandes en France en 2023, les ETI 7 442. Elles concentrent respectivement 29 % et 26 % de l’emploi salarié en équivalent temps plein. Autrement dit, la base économique française dans laquelle s’opère le recrutement d’un DAF est large, mais très hétérogène selon la taille, la gouvernance, l’endettement, l’internationalisation et le niveau de structuration des processus.
La fonction finance reste centrale dans le marché cadre. Selon l’Apec, la fonction finance, comptabilité et gestion a pesé 12 % des offres d’emploi cadre publiées en 2024. À l’intérieur de cette fonction, les métiers de la direction administrative et financière ont totalisé 2 760 offres, dont 2 000 pour des directeur·rices administratif·ves et financier·ères. Les métiers du management administratif et financier ont, eux, généré 10 280 offres, dont 6 280 pour des responsables comptables et 3 180 pour des RAF. Le vivier existe. Il n’est pas abondant sur les postes les plus complets.
Le marché s’est détendu par rapport au pic post-Covid, sans devenir simple. L’Apec indique que 54 % des entreprises ayant recruté au moins un cadre en 2024 ont rencontré des difficultés, soit 6 points de moins qu’en 2023. Mais le marché finance reste tendu sur les profils experts, confirmés et immédiatement opérationnels. Robert Walters relève encore que 68 % des entreprises évoquent une pénurie de compétences et de talents dans son étude 2026, tandis que Fed Finance décrit un marché 2025-2026 « en tension » pour les profils à forte valeur ajoutée.
Le point clé est donc le suivant : on ne recrute pas un titre, on recrute une mission. En PME, le bon DAF est souvent un profil hands-on, capable de tenir à la fois la fiabilité comptable, le cash, le budget, les banques et la décision de gestion. En ETI, le curseur monte vers la consolidation, le multi-sites, l’ERP, le contrôle interne, les financements structurés, le management élargi et parfois l’international.
